Pygmalion, toute une histoire

My Fair Lady, 1964

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« Je pense que My Fair Lady est un film charmant… Audrey a joué ça avec beaucoup de brio. Elle travaille dur… Elle est extrêmement intelligente, inventive, modeste… et drôle. Quand vous travaillez avec elle vous ne sauriez croire qu’elle est une super star. Elle est pleine de tact, c’est la créature la plus charmante du monde. Rex Harrison est magnifique également, il a réalisé une grande performance comme il l’avait fait sur scène. » George Cukor

La fleuriste et le professeur

Eliza Doolitle est une fille de la rue, une fleuriste. Le professeur Higgins est un linguiste renommé, arrogant. Toujours désireux de flatter son estime il accepte le pari de transformer Eliza en une véritable lady. Le parcours s’annonce difficile mais Eliza travaille dur pour s’élever, s’améliorer et le professeur, même s’il se montre parfois rude avec elle, ne renonce pas. Ils y arrivent mais les félicitations reviennent plus au professeur qu’à Eliza. Malgré les sentiments qu’elle ressent pour son professeur, elle s’enfuit blésée. Higgins réalise à ce moment qu’il est amoureux. Malgré le refus premier d’Eliza, le professeur et l’élève se réunissent.

My Fair Lady est une très belle histoire, un très beau film : une histoire d’amour entre deux personnages que tout oppose. Une jeune femme, démunie prends des cours de langage, de savoir vivre. Elle aspire à autre chose, ne plus vendre des violettes dans la rue mais travailler dans une boutique. Elle est sensible et entend être indépendante, malgré le fait qu’elle soit tombée amoureuse de son pygmalion, elle admire son intelligence, son instruction. Un professeur arrogant, célibataire endurci qui joue avec Eliza pour sa propre gloire. Eliza est son cobaye rien de plus. Son arrogance et son machisme affiché lui permettent de nier l’évidence : il est amoureux d’Eliza, de son charme et de sa vivacité. Deux personnes qui ont de forts caractères mais qui étaient fait l’un pour l’autre.

  

Si les personnages sont si forts, cela est en partie dû à l’exceptionnelle interprétation d’Audrey Hepburn passant à la perfection de la vulgarité au charme et au raffinement exquis, et de Rex Harrison qui est la personnification même du personnage (il a créé le personnage à Broadway) délicieusement flegmatique, prétentieux mais néanmoins charmant. L’alchimie entre les deux personnages n’a d’égal que l’alchimie entre les deux acteurs. Pourtant, Rex Harrison aurait préféré jouer avec Julie Andrews (qui était Eliza à Broadway) et n’a pas caché sa déception quand le casting a été annoncé. Néanmoins, une fois le film fini, on lui a demandé quelle Lady il préférait, il a répondu sans hésitation Audrey Hepburn. Higgins a été subjugué par Eliza, Rex a été subjugué par Audrey.

Glamour, sensualité et délicatesse.

Plus qu’une magnifique histoire amour, une peinture de caractère, My Fair Lady est une tout un monde. Une reconstitution de l’Angleterre du début du XXème tout en couleur avec une pointe de fantaisie et de folie apportée par Cecil Beaton. Ses costumes reprennent les formes de 1900 mais avec plus d’extravagances et des matières ou motifs modernes. Les décors grandiloquents apportent de l’ampleur au tout. La musique exceptionnelle d’André Prévin contribuent aussi à créer cette ambiance romantique et élégante.

 

L’injustice de My Fair Lady.

My Fair Lady est sans nul doute un film à oscar. Oscar du meilleur film, oscar du meilleur réalisateur pour Georges Cukor, oscar du meilleur acteur pour Rex Harrison, oscar des meilleurs costumes pour Cecil Beaton et oscar de la meilleure musique pour André Prévin. Tous amplement mérités. Il une manque une personne au palmarès : Audrey Hepburn, la fameuse statuette ayant été décernée à Julie Andrews pour son rôle dans Mary Poppins. Audrey Hepburn n’a même pas été nominée, ce qui est une injustice flagrante au vue de la performance exceptionnelle qu’elle livre et de la finesse de son jeu. Julie Andrews est certes magnifique et pleine fraicheur mais sa performance reste, à mon goût, inférieure à celle produite par Audrey Hepburn. Il est probable que ce qui couta ne serait-ce que la nomination a été le choix des producteurs de la faire doubler dans les numéros musicaux, alors que cette dernière avait travailler avec acharnement sa voix. On peut douter de la légitimité du critère, qui apparait fort dérisoire face à ceux qui auraient dû être pris en compte.

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