James Bond puissance 24

Spectre, 2015

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L’effervescence est à son comble chaque fois qu’un nouveau James Bond doit sortir. Spectre n’a pas dérogé à la règle. Ce nouvel opus de la saga réalisé par Sam Mendes (auteur du très bon Skyfall) semblait très prometteur. On nous avait en effet annoncé un retour aux classiques, moins d’effets spéciaux, des révélations sur les origines et l’enfance de James Bond et l’histoire de son ennemi mortel.

  • La scène d’introduction et le générique.

Marque de fabrique de la saga (avec le gun barrel ou le « My name is Bond, James Bond » ou encore le vodka martini) et moments mythiques, la scène d’introduction et le générique sont toujours très attendus. La scène d’introduction est indéniablement très bien tourné et très esthétique, notamment avec la caméra qui suit le défilé des morts beau et inquiétant à la fois et qui n’est pas sans rappeler la scène du carnaval dans Opération Tonnerre ou encore la scène d’ouverture de Vivre et laisser mourir. Se déroulant durant El dia de los muertos au Mexique, cette scène nous plonge dans une atmosphère mystérieuse (qui se veut être le leitmotiv du film) mais aussi pleine d’action. En effet, 2 cascades spectaculaires nous ravissent : James Bond échappant à un immeuble entier qui s’effondre et atterri sur un canapé (how convenient et so british); et une bagarre dans et accroché à un hélicoptère. Néanmoins, la scène est trop longue ce qui lui fait perdre en dynamisme et ennuie le spectateur. Il s’agit d’ailleurs de la plus longue scène d’ouverture de la saga (13 min), ce qui n’est pas réellement gratifiant. S’en suit le générique fort décevant, à l’esthétique brouillonne et n’arrivant pas à la cheville de ces brillants prédécesseurs. La chanson de Sam Smith Writing’s on the Wall est réussie mais largement surestimée même si elle a remporté l’oscar de la Meilleure Chanson, ce qui est largement questionnable notamment par rapport à Skyfall qui s’est imposée comme l’une des meilleures chansons de la saga.

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  • L’intrigue.

On nous avait promis l’approfondissement des événements de Skyfall et des révélations sur les origines de James Bond. Mais dans ce registre, Spectre se révèle plus que décevant en ce qu’il ne va pas si loin que ce qui était annoncé et que l’intrigue principale est bancale. A la rigueur, le fait que l’intervention de 007 à Mexico soit en fait la dernière volonté de M (Judi Dench) est acceptable et ne fait que prouver une fois de plus la loyauté de Bond envers celle qu’il a toujours un peu considéré comme un mentor. En revanche, cela lui vaut une mise à pied de la part du nouveau M (Ralph Fiennes) et James Bond va ainsi mener sa mission en dehors de tout aval officiel. Cette situation est devenue récurrente dans l’ère Daniel Craig et en devient lassante. On le sait que James Bond va au bout de ses missions même officieuses, surtout s’il s’agit de sauver son pays !

Autre point décevant : la relation entre James Bond et Blofeld (Christoph Waltz). Les scénaristes nous ont sorti de leur chapeau un lien de parenté entre les deux : Blofeld est le frère adoptif de Bond (en même temps leur nom commence par la même lettre !) et Blofeld ne serait motivé que par la jalousie qu’il a toujours ressenti pour James qu’il a toujours vu comme quelqu’un qui lui a volé ce qu’il avait et qui s’est introduit dans sa petite vie tranquille. Et c’est tout !! Ce ressenti est à l’origine de tout et cela ne tient pas debout. C’est en effet incohérent et le film n’arrive pas à donner les bonnes explications pour rendre cela vraisemblable et surtout pour que l’on s’en contente. On attendait avec impatience Christoph Waltz, dont les talents de comédiens ne sont plus à démontrer, dans le rôle du grand méchant, et pourtant… Et pourtant, son interprétation laisse à désirer : il nous donne l’impression qu’il s’ennuie et peine à convaincre. Par dessus le marché, le nouvel ennemi de M, C qui souhaite démanteler la division 00 du MI6 est un membre de spectre et meurt d’une façon idiote : en tombant de 10 étages. Rien d’original et rien de bien excitant.

On attendait également Monica Belluci dans le rôle d’une James Bond Girl et on en rêvait à l’avance. Mais là aussi décevant. Elle ne joue qu’un rôle mineur et la scène où elle est présente est bizarre et dérangeante. Qui a une relation sexuelle avec une veuve juste après l’enterrement de son mari pour lui soutirer une information? En voyant le film, on était en droit d’espérer qu’elle avait en fait piégé Bond et qu’elle était de mèche avec Spectre. Mais rien de tout cela; elle n’est que la veuve éplorée qui se laisse séduire par les charmes de 007 et qui n’apparait que 7 minutes à l’écran.

Daniel Craig

  • L’action et l’esthétique.

Néanmoins, on peut tout de même relever certains points positifs. Les James Bond sont des films d’actions, il ne faut pas l’oublier. Et Spectre nous fournit de l’action, mais pas trop, ce qui est remarquable et souhaitable car si un James Bond est un film d’action, ce n’est pas non plus un film bourré d’explosions, de voitures qui se crashent et des personnes volant un peu partout avec Vin Diesel ou Bruce Willis…. Et c’est le point fort de Spectre qui reste sobre, classe mais aussi dynamique du point de vue de l’action, ce que l’on attend d’un James Bond moderne. Les scènes d’actions sont haletantes, brillamment tournées avec des mouvements de caméra qui nous plongent en pleine frénésie. Une course poursuite en voiture dans Rome avec la nouvelle Aston Martin DB 10 est magnifique : fine, élancée et on regrette vraiment qu’elle finisse dans le Tibre après quelques minutes. Poursuite dans la neige avec voitures, avec avion et mitraillettes, tout ce que l’on aime. Et puis il y a aussi un combat dans un train avec le colosse au service de Blofeld dans la droite lignées des combats dans le train (Bon Baisers de Russie, L’espion qui m’aimait) : violent, acharné dans un espace instable et étroit. Il y a certains problèmes cependant notamment quand le film devient Die Hard : C tombe d’un immeuble ou Games of Thrones : Hinx tue un membre de Spectre en lui écrasant les deux yeux. Trop facile et trop gore pour un James Bond.

Les images sont simple, légères et élégante c’est à dire tout ce qu’on cherche et les précédents films de l’ère Craig n’avaient pas réussi à mettre en œuvre, à part Skyfall dans une certaine mesure. Certaines séquences essayent de créer différentes atmosphères, un climat d’espionnage et de mystères et y parviennent. Et puis on retrouve cet humour anglais et ce flegme que l’on aime tant chez notre espion préféré. Et ca c’est positif ! 

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  • James Bond et Madeleine Swann.

Bon point également pour Daniel Craig (même si en réalité il  s’agit plutôt d’un demi bon point). L’acteur semble enfin maitriser le rôle et arrive à être élégant et distingué du début jusqu’à la fin, tout en étant agressif et en distillant ça et là de l’humour britannique bien placé et assassin. Bref, on a enfin James Bond, ce qui n’était pas vraiment le cas dans les précédents films de Daniel Craig (Skyfall mis à part puisque le film nous montre un homme brisé). Et l’on peut remercier les personnes en charge des costumes de ne pas lui avoir fait porter des chemises ouvertes sur un tee-shirt, ce qui est la négation du style (à quelques exceptions près). Mais finalement les points positifs semblent s’arrêter là. Oui James Bond boit de l’alcool fort, mais ce n’est pas non plus un alcoolique et on n’a pas vraiment envie de le voir passer une nuit à boire de la bière. Par ailleurs, on peut regretter que le film ne continue pas sur la lancée de Skyfall et approfondisse la psychologie du personnage; et puis on a pas envie de voir James Bond démissionner une énième fois soi-disant parce qu’il a rencontré une femme qui l’a changé. C’était Vesper et c’est tout ! Et puis on sait très bien qu’il va revenir à la minute où son pays sera en danger. Bémol également pour Léa Seydoux qui certes est très élégante mais pas transcendante. Elle a du mal a nous convaincre et elle ne fait définitivement pas partie de ces James Bond girls qui nous ont marqué. Elle a bien un moment badasse dans le train ou elle utilise un pistolet alors qu’elle porte une robe de soirée (so sexy !) mais la voir se souler à la vodka dans une chambre d’hôtel ne fait pas plaisir. Et puis elle nous laisse l’impression qu’elle n’arrive pas à s’imposer dans ce film.

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Verdict : Spectre n’est pas un mauvais film mais c’est un film décevant. Mais bon…. il faut le voir au moins une fois parce que c’est James Bond !

 

 

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