Calme-moi ma biche

Les Grandes vacances, 1967

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Certains le nieront certainement, mais les films de Jean Girault avec Louis de Funès (Pouic Pouic, Faites sauter la banque, la saga des Gendarmes….) sont des comédies pétillante et hilarantes et qu’on regarde avec plaisir encore aujourd’hui, car on apprécie justement cet humour explosif et aux couleurs rétro. Les Grandes vacances  en fait partie, et pour cause il a été le plus gros succès français de l’année 1967 avec environ 7 millions de spectateurs ; spectateurs qui lui ont décerné le Ticket d’Or.

Charles Bosquier est propriétaire et directeur d’un pensionnat pour enfants de familles aisées. Son fils est recalé au bac, notamment à cause de l’anglais. Son père décide de l’envoyer en Angleterre dans la famille Mac Farell et accueille en contrepartie leur fille Shirley. Cela contrarie les plans de Philippe qui  envoie un autre élève à sa place pour pouvoir faire sa croisière avec ses amis. Charles Bosquier s’engage alors dans une grande chasse pour ramener sa progéniture dans le droit chemin.

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Les Grandes vacances est un film très drôle, un bon comique français. Comme un peu La Grande Vadrouille (de Gérard Oury), le film joue sur les différences entre anglais et français, et cela pour notre plus grand plaisir. S’oppose la vie à la française : compassée, sérieuse, attachée aux traditions, se basant sur une forme de grand cérémonial ; à la vie anglaise : plus fun, plus décontractée et emprunte d’un flegme résistant à toute épreuve. Certes, cela repose sur des clichés mais des clichés pleins de dérision, d’élégance qui rendent le film hilarant. Notamment les scènes tournant en ridicule la cuisine anglaise. En effet, les repas chez nos amis britanniques apparaissent comme une succession de plats farfelus, colorés et tellement improbables. Le film reste cependant gentil car si Michonnet (le remplaçant de Philippe) est malade et souffre d’indigestion, Charles Bosquier semble apprécier la cuisine anglaise, ou l’apprécie-t-il vraiment ? Le scénario s’appuie sur des ressorts comiques classiques mais infaillibles : comique de répétition et quiproquos. Charles Bosquier prend notamment, deux fois par erreur, pour son fils un vacancier (Mario David, encore une fois abonné au rôle de gros dur) qui se trouve là par hasard à chaque fois. Des petits détails ridicules également qui font que l’on ne peut s’empêcher de rire : Louis de Funès arborant un uniforme d’une péniche néerlandaise « Groote Lulu » qui évidemment est trop grand !

Si l’humour est explosif, l’action est également explosive avec des cascades musclées : Louis de Funès se lance à la poursuite de son fils en hors-bord à pleine vitesse, se retrouve accroché à un delta-plane, est pris en pleine bagarre avec des marins bien avinés, cherche à empêcher le mariage de son fils en avion et en charrette à travers les montagnes écossaises (ça a presque des airs de James Bond). Si musclées que le cascadeur Jean Falloux est malheureusement décédé au cours d’une cascade aérienne, le film lui est à ce titre dédié.

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Le film est également plaisant à regarder par l’atmosphère qui s’en dégage. La scène d’ouverture nous présente la pension, un établissement tranquille, agréable où j’aurais bien aimé étudier (en même temps avoir cours dans un château c’est plutôt sympathique). Plaisant également à regarder en vacances, car ce sont finalement des vacances de rêve qui sont décrites : une bande d’amis remonte la scène sur un voilier, ils rencontrent d’autres jeunes, dansent des slows au bord de l’eau ou dans des bars jazzy sympathiques. Il y a une atmosphère apaisante, tout le monde dans ce film respire la joie de vivre, l’insouciance, ce qui est extrêmement détendant. Et puis le portrait de famille qui est dépeint est à la fois amusant : père caractériel, mère posée mais un peu ailleurs, fils ainé ayant envie de s’amuser, fils cadet qui donne une image modèle et qui cafte mais qui a tout de même un côté bad boy ; et touchant car des sentiments familiaux tendres sont esquissés.

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Comme dans presque chacun de ses films, Louis de Funès est effaré, énervé, choqué au bord de la crise de nerf, conciliant mais pas trop, très dynamique voire trop dynamique. Son personnage est psychorigide (comme presque tous ses personnages finalement) et très français comme le prouve une des répliques de la fin : « Je suis français moi Monsieur ! Je veux bien me noyer dans du Beaujolais, mais pas dans un océan de Whisky écossais ». Toujours agité, mais toujours avec une certaine élégance : il porte mieux que personne le pyjama en soie mauve et la robe de chambre jaune citron, et conduit une magnifique DS Citroën (qu’il conduira dans d’autres films par la suite).  Il a d’ailleurs reçu pour son interprétation le Prix Georges Courteline. A ses côtés, Claude Gensac dans le rôle d’Isabelle Bosquier, totalement perchée, et qui ajoute un comique doux, glacé et déjanté : elle est par exemple désopilante :

Charles : Comment il est le bateau ?                                                                                                                  

Gérard : C’est un voilier.                                                                                                                                          

Charles : De quelle couleur ???                                                                                                                          

Gérard : Avec des grandes voiles rayées rouge et noire.                                                                        

Charles : Des grandes voiles rayées rouge et noire.                                                                                

Isabelle : C’est joli ça.

Mais elle est aussi attentive et connait la clé pour calmer son mari. Le duo fonctionne bien, Louis de Funès est là pour faire le feu d’artifice et Claude Gensac est là pour apaiser le feu. C’est la première fois que Claude Gensac interprète la femme de De Funès à l’écran (c’est dans ce film que l’on a le premier célèbre « Ma biche »), elle le sera sept fois par la suite, preuve que le couple est convaincant, à tel point que beaucoup de gens (moi inclus pendant un moment) croyait qu’ils étaient réellement mariés. Son fils, Olivier, joue également son propre rôle et c’est assez touchant de les voir jouer ensemble ces rôles en particuliers (Olivier de Funès jouait déjà dans la saga Fantômas mais pas le fils de son père).

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Film également porté par une esthétique colorée et design. La musique électro pop, entrainante et qi rythme parfaitement l’action du film ; des décors aux couleurs tantôt chatoyantes, tantôt fuchsias avec des pièces absolument magnifique : la chambre d’inspiration chinoise de Michonnet en Angleterre, chambre avec papier peint écossais pour Philippe, salle de bain en pin et carrelage noir dans une veine très scandinaves et de très belles image de la Seine et de la puissance industrielle du port du Havre. La séquence rêve de Charles Bosquier où il imagine son fils cadet devenir une star de la batterie est un mélange d’images psychédélique, rock-disco et glamour : tout simplement géniale.

Cependant, le film faiblit sur la fin, devenant trop farfelu, trop lourd. Mac Farell et Bosquier poursuivent leurs enfant en écosse qui sont partis se marier à Gretna Greene. On enchaine poursuite en avion, en calèche, inondations dans la distillerie de Mac Farell ; tout cela ponctué par les querelles incessantes des deux pères. C’est un mélange de courses et de cris qui deviennent lassant, tapent presque sur les nerfs et font languir le film, alors même que cela pourrait apporter du folklore et du vintage. Néanmoins, la chute du film est drôle et si ça ne rattrape pas complètement les dernières scènes, du moins on les oublie à moitié. Le film se termine sur une dernière réprimande de Charles Bosquier envers son fils Gérard pour notre plus grand plaisir :

Charles : Mais où vas-tu mon tout petit ?                                                                                                          

Gérard : J’allais raccompagner cette petite jeune fille. Une petite anglaise qui veut se perfectionner en français.                                                                                                                                                              

Charles : Oh ! Comme c’est gentil ça !                                                                                                                

Mac Farell : Je connais très bien le père. Il possède une distillerie.                                                        

Charles : Ah oui… mais non. Alors, maintenant tu ne t’occupes que de ton herbier et uniquement de ton herbier. Voilà !

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