L’Ile de la souffrance

Une vie entre deux océans, 2016

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En couple dans la vie, Alicia Vikander et Michael Fassbender sont en couple à l’écran dans le dernier film de Dereck Cianfrance, Une vie entre deux océans adapté du roman de M. L Stedman. Un film magnifique et déchirant.

Tom Sherbourne, ancien combattant de la Grande Guerre, accepte un poste de gardien de phare sur l’île de Janus. Par l’isolement, il cherche à oublier les horreurs qu’il a vécu. Il rencontre Isabel, une jeune fille vive et souriante qui le ramène à la vie et avec qui il vit une très belle histoire d’amour. Leur vie sur Janus est presque paradisiaque, l’isolement leur convenant bien dans un premier temps. Mais Isabel n’arrive pas à avoir d’enfants et fait plusieurs fausses couches. Un jour, une barque est rejetée sur la plage de l’île. Dedans il y a un homme mort et une petit fille vivante. Isabel et Tom gardent l’enfant, celle ci redonnant le sourire à Isabel et apparaissant comme un bénédiction  pour ce couple qui a souffert. Mais cette décision va engendrer différentes conséquences dramatiques qui vont bouleverser à tout jamais la vie de l’enfant, de Tom et Isabel et de la véritable mère de l’enfant.

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« Je me suis senti emporté par cette histoire, par ces personnages authentiques. Et j’aimais beaucoup qu’il n’y ait pas des héros et des méchants, mais juste des personnes bonnes qui font de mauvais choix ».

Michael Fassbender

Des personnes bonnes qui font des mauvais choix. Pourquoi? Parce qu’elles ont vu des moments de bonheur se transformer en véritables hurlements de douleurs. Le bonheur s’effrite petit à petit, il n’est qu’éphémère et tous ces destins qui se croisent se brisent. A l’image de la mer, tout fluctue passant de la douceur et du calme à des tourbillons violents et des vagues se brisant sur des rochers pointus. Tom et Isabel vivait heureux, comme une lune de miel éternelle ; mais Isabel ne pouvant avoir d’enfants et faisant des fausses couches, leur bonheur s’effrite. Isabel se laisse dépérir, ne prenant plus goût à la vie, fixant les croix de bois blanches commémorant la perte de ses enfants. Quand la barque arrive, Isabel retourne à la vie, elle retrouve le sourire. Et Tom accepte de ne pas reporter la découverte de la barque uniquement parce que sa femme semble revivre, gouter à nouveau au bonheur. Mais cette décision le hante, même s’ils sont heureux avec cette petite fille. Garder l’enfant contribue à meurtrir Hannah, ayant tout perdu lors d’un tour en barque. Ont-ils le droit d’anéantir une vie en gardant un enfant qui n’est pas à eux ? Mais peuvent-il arracher l’enfant à une vie qu’elle aime et chérit ?

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Le dieu Janus est le dieu des choix, du commencement et de la fin et il a deux têtes, une tournée vers le passé, l’autre vers le futur; l’île de Janus est comme ça, tournée elle aussi vers le passé, l’avenir et tournée à  la fois vers le bonheur et la tristesse. L’île est une allégorie de la vie des personnages. Hannah a vécu un grand bonheur et soudainement elle a tout perdu et vit dans une tristesse infinie. Tom et Isabel ont vécu heureux avant d’être affligé par le destin leur déniant de faire un enfant, puis on retrouvé la joie de vivre avec l’arrivée de Lucy, une enfant sauvée des eaux. S’il elle contribue à leur bonheur, elle sera également, bien malgré elle, la cause de l’effritement de se bonheur. Ces personnages vivent entre moments intenses de d’allégresse et moments de douleur vive; il n’y a pas d’entre deux, ils vivent soit l’un soit l’autre. Des fondus enchainés entre joie et pleurs, passé et présent mettent des images poignantes et déchirantes sur ces cycles de vie, sur le tourment que ces personnages vivent au quotidien. Le tout entrecoupés de magnifiques paysages de mer, cette mer qui enserrent les personnages, les isolent, les fatiguent et parfois emporte leur raison.

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Une vie entre deux océans est un mélodrame qui respecte tout à fait les codes du genre. De beaux costumes, le soleil qui vient illuminer les visages des amoureux qui s’embrassent, une musique lyrique, ici composé par le très talentueux Alexandre Desplat (Le discours d’un roi), de magnifiques plans large de paysages (Dereck Cianfrance a même tendance a en abuser un peu, la mer est certes vitale dans l’histoire et contribue à définir l’humeur et le psychisme des personnages, mais il y en trop et en cela les ruptures de rythme deviennent trop fréquentes). Il y a cependant un moment gênant, lors de la scène de la nuit de noces, qui certes est tournée de manière très pudique mais qui n’a pas sa place dans le film, et qui donne l’impression qu’il fallait absolument qu’il y ait une scène de sexe pour être dans l’air. La scène finale également, même si elle est très belle et très émouvante, elle était peut être superflue. Elle montre la réconciliation et l’acceptation des évènements 30 ans après, et on avait pas besoin d’images pour le savoir. Il est vrai que je n’aime pas les scènes de fin qui se passent des dizaines d’années après car finalement elles gâchent souvent ce qui s’est passé juste avant, mais au-delà de ça, la scène finale n’était pas réellement nécessaire car elle cherche à donner une force supplémentaire au film qui n’en a absolument pas besoin.

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Mais ce sont là peut-être les seuls défauts du films. Dereck Cianfrance signe un très beau film, qui prend aux tripes et ne peut laisser indifférents tellement le destin de tous les personnages nous tient à cœur et on ne peut rien reprocher à aucun d’eux. La beauté tragique des images, de l’histoire et des personnages nous emportent. Si vous avez l’âme sensible, comme moi, vous risquez de verser beaucoup de larmes. Pour ma part, j’ai pleuré pendant les 2h, il y a du avoir 3 ou 4 moments de 5 minutes ou je ne pleurais  pas, ce qui est mince quand même.

Comme toujours chez Dereck Cianfrance, le casting et parfait. Alicia Vikander et Michael Fassbender sont époustouflants. Ils interprètent leur personnages avec beaucoup d’émotions et de sincérité. Leurs visages sont très mobiles et arrivent à exprimer tout ce que vivent leurs personnages respectifs. Le réalisateur l’a d’ailleurs bien compris et n’hésite pas à l’exploiter en ayant recours à de nombreux gros plans de visages (en même temps les yeux de Michael Fassbender sont si beaux) ce qui donnent de véritables frissons et de la puissance aux émotions décrites. Rachel Weiz est également très émouvante, et propose une interprétation simple mais habitée notamment dans la scène du cimetière qui est l’une des plus déchirantes  du film.

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A aller voir absolument !!!

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2 commentaires sur “L’Ile de la souffrance

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